Multi-carrières : « Un monde où l’on est obligé de bouger »

De multiples raisons peuvent nous amener à changer de carrière, et à ce moment-là, cela nous apparaît comme une véritable montagne à franchir. Comment passer d’une industrie dans laquelle nous avons passé plusieurs années à une autre qui nous est totalement étrangère ? Comment utiliser notre expérience qui, de prime abord, n’a rien à voir avec cette nouvelle aventure qui nous attend ? François Bancilhon a dû prendre plusieurs virages dans sa carrière dont certains à 180 degrés. Pour lui, il ne s’agit pas d’une contrainte imposée par la vie, mais d’une nécessité absolue pour s’épanouir professionnellement.

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« J’ai sauté dans la piscine sans savoir nager »

Cela fait un peu plus de 4 ans que François est le PDG de Data Publica, une société spécialisée dans le marketing prédictif. Mais avant d’en arriver là, ce chef d’entreprise averti a vécu diverses expériences.

Si son CV en ligne ne présente que les hauts faits de ces 25 dernières années, le cursus de François pourrait en réalité tenir sur trois pages. Sa formation débute par des études d’ingénieur à l’école des Mines de Paris puis se poursuit à l’université du Michigan aux Etats-Unis où il fait plusieurs séjours de longue durée. Il réalise de nombreuses recherches dans le secteur de l’informatique et développe un produit qu’il décide de mettre en vente avec l’aide de quelques-uns de ses camarades. Il se retrouve alors chef d’entreprise du jour au lendemain. « Je me suis lancé dans l’aventure en ayant aucune connaissance du monde de l’entreprise. J’ai sauté dans la piscine sans savoir nager, pourrait-on dire. Et à l’époque, c’était beaucoup plus difficile, il n’y avait pas d’aides mises en place par l’Etat comme c’est le cas en France aujourd’hui. »

« Il faut deux ans pour comprendre une nouvelle industrie »

Lors de son séjour aux Etats-Unis, il relève déjà une différence notable avec la France sur le plan professionnel. « Ce qui m’a sauté aux yeux, c’est que les personnes qui se présentaient en entretien affichaient un Curriculum Vitae beaucoup moins linéaire que chez nous. Les candidats postulaient avec des expériences inscrites sur leur CV qui n’avaient aucun lien entre elles, et cela sans aucun complexe. J’ai compris que cela était une force et non une faiblesse. »

L’entreprise de François a été rachetée par une société américaine cinq ans plus tard. Il a alors préféré se tourner vers de nouveaux horizons. « Dans un cas comme celui-là, il faut savoir se détacher émotionnellement, il faut savoir partir », explique-t-il. Grâce à son réseau, il s’est porté vers l’industrie de la Biotechnologie où il a officié en tant que directeur informatique. « La biologie est une science beaucoup plus complexe que l’informatique : la vie est plus compliquée que les programmes. »

Véritable vagabond de l’emploi, il a ensuite évolué vers de nombreux postes aux profils différents, passant de chercheur à professeur d’université, il a aussi dirigé une entreprise d’open-source dans les années 2000 avant de revenir à la création d’entreprise avec Data Publica. Tout cela entre deux continents. « Il faut au moins deux ans pour appréhender et comprendre une nouvelle industrie, et cela peut prendre un peu plus de temps à l’étranger. Il faut s’imprégner de la culture du travail qui diffère selon les pays. »

« Dès que je quittais un emploi, je consultais mon réseau »

A chaque fois qu’il changeait d’orientation, François utilisait les mêmes ficelles : « dès que je quittais un emploi, j’activais mon réseau pour voir où il m’emmènerait. Alors que j’approchais des 60 ans, j’ai été licencié, et je me souviens qu’un chasseur de têtes m’avait affirmé que retrouver du travail serait mission impossible pour moi. Alors j’ai « réseauté », essentiellement sur Viadeo. J’ai rencontré environ 75 personnes dont deux tiers avec qui j’étais déjà en contact, et un tiers qui m’ont été recommandées par mon réseau. »

Lorsqu’on lui demande quel regard il porte sur ses multiples métiers, François est catégorique : « se lancer dans des expériences différentes tout au long de sa vie est l’un des secrets du bonheur. La diversité, c’est la richesse. Il faut que les gens se réinventent, qu’ils n’aient pas peur d’essayer. Le bord de la piscine n’est jamais loin. Et puis, on se dirige vers un monde où chacun sera obligé de bouger, il n’est plus possible de travailler toute sa vie dans la même société. Les entreprises y gagnent car cela leur apporte du sang neuf, des idées nouvelles, et les gens cumulent de belles expériences. J’espère que les CVs trop linéaires vont disparaître. »

La carrière de François vous encouragera peut-être à vous lancer dans un nouveau secteur. Comme lui, appuyez-vous sur votre réseau Viadeo, et lancez-vous dans une nouvelle aventure !