L'utilisation du Web 2.0. dans la formation : le web 2.0 n'est pas cher!

vendredi 4 janvier 2013
Tabea Menez
HR and Learning Strategy Consultant
Paris, France
Bonjour,

Pour moi, il y a pas mal de raisons pour intégrer le web 2.0 dans la formation et j’aimerais vous faire part des différentes possibilités. J’ai prévu de publier plusieurs articles (sous forme d’arguments) pendant les semaines qui suivent.

>>> Si vous souhaitez en être informé, à part de bien suivre mes « news » sur Viadeo, vous avez la possibilité de me demander un envoi directement par mail.

En principe, les possibilités d’utilisation du web 2.0 dans la formation sont quasiment illimitées. Tout outil peut être intégré dans un dispositif de formation. Mais est-ce que ces outils peuvent aussi servir à atteindre les objectifs stratégiques de la DRH ?

Les Ressources Humaines, si elles veulent contribuer à la compétitivité d’une entreprise, doivent (entre autres) répondre aux contraintes économiques. Bien sûr, il y a bien plus d'objectifs de la DRH, j'en parlerai dans un autre article.

Le premier argument pour l'utilisation d'outils web 2.0 dans la formation est donc pour moi le suivant :


ARGUMENT 1 : L’utilisation du web 2.0 n’est pas chère

Une grande partie des outils sont disponibles gratuitement sur Internet. Le financement pour les opérateurs se fait par plusieurs moyens, notamment via l’espace publicitaire. D’autres outils, comme par exemple l’abonnement à Viadeo, sont accessibles à des prix très abordables.

L’appel aux outils gratuits est très répandu pour tout type d’utilisation en entreprise. Ainsi, les entreprises utilisent par exemple YouTube pour diffuser des « Lipdups » ou d’autres vidéos pour des objectifs de marketing. Dans la formation, comme nous l’avons vu dans les exemples cités dans la partie précédente, un grand choix d’outils ouvre de multiples possibilités pour l’ingénierie pédagogique. Tous les outils disponibles gratuitement sur le web sont en principe utilisables en entreprise.

Néanmoins, en fonction de la nature du projet et de la politique choisie, il pourrait être adapté d’intégrer des outils sur une plateforme de l’entreprise, voire de développer des outils spécifiques. Contrairement à des opinions très répandues, la confidentialité des données ne constitue pas un problème lors de l’utilisation d’outils publics. Ainsi, même des « VIP », des célébrités ou des hommes ou femmes politiques, se servent d’outils collaboratifs. Certains les utilisent pour faire de la communication externe ; d’autres sont inscrits en tant que simples utilisateurs, tels les sportifs de haut niveau de l’INSEP qui ont un compte sur Facebook.

Aussi, si on décide de faire développer des solutions individuelles, l’utilisation d’un serveur externe ne pose pas de problème par rapport à la sécurité. « Au contraire », m’a confirmé un responsable formation en banque que j’ai interviewé, « car les hautes exigences de la sécurité ne peuvent pas être assurées en interne où l’informatique est spécialisée sur les aspects de sécurité des applications bancaires spécifiques, qui sont très complexes ».

L’intérêt économique de la disponibilité d’outils gratuits est évident. Je préconise de privilégier l’utilisation d’outils gratuits là ou c’est possible, notamment dans des structures où la population cible n’atteint pas la masse critique qui justifierait l’investissement que représenterait le développement d’une solution interne. En tout état de cause, dans une démarche d’amélioration du retour sur investissement, l’utilisation de certains outils gratuits peut toujours compléter un dispositif conçu sur mesure.

Effet positif : la bonne maîtrise de ces outils de la part des collaborateurs permet de les utiliser dans d’autres contextes en entreprise, donc le projet sera « doublement » rentabilisé.


Je vous parlerai prochainement d'autres arguments pour l'utilisation d'outils web 2.0 dans un dispositif de formation. L’ARGUMENT 2 sera : Le web 2.0 est facile à utiliser.



A très vite!

Tabea
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Olivier CARBONE , LINE BOISDUR- SALBRIS , trouve trouvent cette discussion intéressante
mardi 8 janvier 2013
Olivier CARBONE
Ingénieur R&D / Knowledge Manager, Talend
Paris, France
Le web 2.0 n'est pas cher car il utilise des outils gratuits ? Est-ce vraiment un argument juste ?

Certes, cela semble juste ... à première vue, et à priori. Cependant le coût d'une formation ou d'un dispositif de formation ne dépand pas uniquement des outils choisis. L'accès à internet n'est pas gratuit. Si l'utilisation des outils peuvent être gratuit, il faut quand même considérer le coùt de création de son contenu pédagogique ainsi que sa maintenance.

Et d'ailleurs, rappellez vous : à l'école on utilisait une craie et un tableau noir : c'est encore bien moins cher qu'une connexion à internet. Pourtant on ne pas dire que le coût de école se résume au coût de la craie et de son tableau !!

L'utilisation du web 2.0 peut permettre la création et la maintenance collaborative d'un contenu de formation, en ça on peut axer l'argumentation et déboucher sur un véritable gain financier. Donc oui l'utilisation du web 2.0 permet de baisser les couts d'un dispositif de formation ... mais pas parce qu'"il est gratuit" !!

Je dirai même qu'utiliser des outils gratuits peut s'avérer au final très couteux si l'on s'y prend mal, certainement même plus qu'en utilisant des outils payants..

>"Contrairement à des opinions très répandues, la confidentialité des données ne constitue pas un problème lors de l’utilisation d’outils publics"
J'ai peur qu'il y ai là quiproquo. Le risque dont parlent les "opinions très répandues" n'est pas vraiment lié à la confidentialité des données ... mais aux conditions d'utilisations de ces outils gratuits et à la garantie de service qui n'est pas toujours assurée. La pérénité à aussi été beaucoup évoquée. Dire que des VIP utilisent les outils 2.0 ne peut pas être ici considéré.

PS: j'aime promouvoir l'utilisation des NTIC et du WEB 2.0 dans tout dispositif de formation ... aussi je me retrouve bien dans cet article, mais les arguments me semblent superficiellement défendus ici alors qu'il existe aujourd'hui une réalité bien plus pertinente.
vendredi 11 janvier 2013
Tabea Menez
HR and Learning Strategy Consultant
Paris, France
Merci de votre commentaire, Olivier. Je me permets donc de vous répondre également.

Pour une utilisation en entreprise, je pars de l'hypothèse que Internet y est déjà installé, et aujourd'hui cela devrait être valable pour une grande partie des écoles. Mais il y a bien sûr des populations pour lesquelles la formation par le biais de web 2.0 n'est pas réalisable. Là, où il n'y a pas Internet, voire pas d'utilisation fréquente de l'ordinateurs, d'autres dispositifs de formation sont plus adaptés. Ils sont à déterminer en fonction du contexte. Mais en général, dans une entreprise (ou autre organisme) très décentralisée, la formation à distance est quand même souvent (pas toujours) moins coûteuse que les formations en présentiel.

Mais restons au sujet du web 2.0. : Je dis donc : pourvu qu'il y ait Internet et que le travail sur ordinateur ne pose pas trop de problème pour la population à former, le web 2.0 offre de diverses possibilités de former gratuitement ou à très faible prix par rapport à d'autres formations à distance ou à une formation présentielle.

Quant à la confidentialité des informations, les règles et les limites d'utilisation doivent naturellement être regardé de plus près. A mon avis, des VIP sont quand même une population très sensible et les informations que ces personnes communiquent au prestataire de ces outils ou de façon confidentielle entre eux, ne doit pas "sortir". Il reste indispensable de rappeler les conséquences si on s'exprime de façon publique sur sa page Facebook, par exemple. On connaît tous des exemples.
En général, l'aspect de confidentialité n'est pas un frein pour l'utilisation d'outils web 2.0 gratuits, - comme me l'ont témoigné des organismes tel que l'INSEP ainsi que des banques et des ministères où l'utilisation de l'informatique est très réglementée.

Merci de votre précision, Olivier, que le web 2.0 peut être cher, très cher. Soit on s'y prend mal, soit on dispose d'un budget important et on décide de faire un projet web 2.0 très sophistiqué.

Au plaisir de vous lire à nouveau, (et d'autres personnes de ce groupe).

Tabea

P.S. Si je ne réponds avec du grand retard, c'est parce que j'attends un bébé au cours de ce mois ;-)
mardi 15 janvier 2013
Olivier CARBONE
Ingénieur R&D / Knowledge Manager, Talend
Paris, France
J'entends cet argument "le web2.0 n'est pas cher" depuis une décennie mais souligne qu'il est très discutable. Discutable sur le fond lui même, et discutable sur le fait que même si il était vrai, on ne pourrai pas en déduire que "l'utilisation du web2.0 dans un dispositif de formation n'est pas cher".

Lors de l'envol du 2.0, le phénomène de la gratuité a été très discuté et si son attrait reste tout aussi fort, les entreprises ont appris à s'en méfier. Le conseil généralement donné est de ne pas utiliser les outils publics mais d'intégrer des outils similaires dans l'infrastructure de l'entreprise. C'est par exemple le cas pour la majorité des réseaux sociaux d'entreprise.

Le rapport WEB2.0 / GAIN FINANCIER ne peut à mon avis s'exprimer qu'en considérant le COUT DE MAINTIEN du matériel pédagogique. Si le UGC produit via le 2.0 permet de minimiser les couts de créations et de maintenance de son support pédagogique, alors là je peux justifier d'un certain gain financier ... et même le calculer !

Si on met en avant l'intérêt de créer et maintenir des supports pédagogiques de manière COLLABORATIVE et utilisant le UGC, on pourra dégager un ROI bien réel.

C'est aussi une façon de rebondir sur le débat "Propriété Intellectuelle VS Common Creatives", qui fait tout un débat auprès des professeurs (très attachés à la propriété intellectuelle de leur propres cours) et qui est pourtant symptomatique des problématiques de l'e-enseignement (et cela dans tout les pays).

On parle depuis 2012 de MOOC, hors le dispositif pédagogique qui se cache derrière un MOOC existe depuis très longtemps. La nouveauté est par contre de valoriser pour la première fois un contenu écrit de manière collaborative et utilisant autant que possible l'UGC. On voit donc bien que la tendance des dispositifs elearning repose bien sur cette MAINTENANCE COLLABORATIVE des supports pédagogique et sur l'utilisation du USER GENERATED CONTENT.

Dire que le web2.0 n'est pas cher est un argument obsolète, il a été mis en avant alors que l'on ne connaissait pas encore ce monde. Depuis beaucoup d'illusions sont tombés et notre expérience est plus forte, nos arguments doivent aussi évolués. Les arguments que j'apporte sur la maintenance du contenu me semblent beaucoup plus ... actuels :)

Je vous invite donc à les intégrer dans votre argumentaire et privilégier le ROI à la supposée gratuité du web :)