Amitié et société

mardi 11 décembre 2012
A première vue, l’école semble être l’endroit idéal pour se faire des amis. C’est comme une grande maison. Le jour de la rentrée, tout le monde vient, avec un ou plusieurs parents, à la même heure, en début de matinée. Les parents s’en vont et tous les enfants d’un même village, d’un même quartier, se trouvent ainsi réunis sans parents sur le dos. Libres enfin ! Dès lors, il est possible de faire des rencontres et de lier amitié mais il faut faire vite, très vite.

Dès que tous les parents ont débarrassé le plancher et qu’on se croit bien tranquille, les portes se ferment. Apparaissent alors de nouveaux adultes : les maîtresses et les dames en blouses bleues. Alors là, je peux te dire que, quand on aime la liberté, on a hâte de retrouver les parents.

Les enfants sont enfermés dans une grande salle et la maîtresse leur retire toutes leurs libertés, même les plus élémentaires, hormis celle de respirer. Ça dure comme ça toute la journée. C’est insupportable. On ne peut pas entretenir de relations amicales dans ces conditions : on ne peut même pas se parler.

A force, les enfants finissent par péter complètement les plombs. A ce moment-là, la maîtresse les fait sortir dans une cour. Ecoute ce qu’on appelle communément un bruit de cour de récréation ! Entends ces cris d’enfants aux nerfs malades ! Crois-tu que l’on puisse entretenir des relations amicales dans un tel état de déséquilibre nerveux ?

Moi, par pudeur, je ne voulais même pas me présenter aux autres enfants dans cet état. C’est comme ça que je me suis repliée sur moi-même et suis tombée dans la marge…

…car la plupart des enfants préfèrent se voiler la face, se persuader que tout va bien. Pour ne pas voir qu’ils ne sont plus que des petits monstres qui se dévorent mutuellement, ils apprennent à user de subterfuges. On appelle ça « se sociabiliser ». C’est là que naissent tous les lèche-bottes aux slogans pompeux et reulouds.

Il ne se tisse à l’école que des liens sociaux. Quand les enfants disent en plein milieu de l’année scolaire : « aujourd’hui, à l’école, je me suis faut un nouveau copain », ils ont vite fait de confondre les relations sociales et les relations amicales, laissant la société s’installer en lieux et places de l’amitié.

L’amitié, c’est se souvenir de l’enfant serein et cohérant rencontré lors de la rentrée les classes et faire tout son possible pour le sortir des oubliettes de la société.

Véronique et Murielle, je les ai rencontrées quand nous étions déjà grandes : l’une au CM2 et l’autre en 6ème. Elles sont devenues mes amies toutes les deux dans les mêmes circonstances : c’était le jour de la rentrée, j’étais nouvelle dans une école où je ne connaissais presque personne, elles étaient nouvelles aussi et ne connaissaient personne.

Après avoir fait leur connaissance, ce n’est qu’en dehors de l’école que je les ai côtoyées. A l’école, j’étais toujours celle qui restait toute seule dans la marge, attendant que reviennent enfin les vacances.

Murielle et Véronique, je n’ai jamais pu les avoir toutes les deux ensemble auprès de moi parce qu’elles ne s’aiment pas bien. Murielle et Véronique, c’est le jour et la nuit. Je ne leur connais qu’un point commun, quelque chose de terrible : à l’âge de quinze ans, elles avaient toutes les deux subi leur premier avortement.

Moi, je suis celle qui ne me suis jamais faite avorter.

SEX AND DESTROY un nouveau son rock ?
Préambule

section 1 sur 6
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jeudi 7 février 2013
Elmostafa Keraoui
Directeur d 'établissement scolaire, fonctionnaire dépendant de l 'éducation na
El Jadida, Maroc
Un portrait parfaitement ajusté aux petits écoliers'd'autant plus qui'il nous rappelle noter début de vie scolaire'notre insertion dans le groupe voire notre processus de socialisation.au cours du quel nous avons gardé tous de bons et de mauvais souvenirs ,tant mieux.
Bravo pour avoir rappeler un épisode du passé et grand merci à tous mes professeurs Français qui m'ont appris le Français et pour qui je réserve un grand estime.