MANCHE 50 - Les Tricots Saint-James repris par un groupe de cadres dirigeants.

samedi 22 décembre 2012
Pascale' P.
Meilleur Ouvrier de France en prêt à porter féminin
France, France
SAINT JAMES né de la mer, né de France.

Saint James (Les Tricots Saint James ou bien Saint Jam) est une entreprise française implantée dans la commune de Saint-James dans la Manche, spécialisée dans la confection de vêtements marins, dont des marinières. Elle fut fondée en 1889[1]. Elle est connue pour avoir créé le « pull marin tricoté en pure laine vierge »

Ce fabricant normand de prêt-à-porter est repris par un groupe de cadres dirigeants.

Le fabricant de prêt-à-porter Saint-James, basé dans le village du même nom, dans le Sud-Manche, connu pour ses pulls marins et grand rival d’Armor Lux le fabricant breton produisant 60% en Afrique du Nord, a été repris par un groupe de cadres dirigeants, au terme d’une opération « de reprise par endettement » a indiqué l’entreprise de la Manche, mercredi dans un communiqué.

L’entreprise a été acquise par les cadres dirigeants de Saint-James, rejoints en juillet par l’ex-directeur général adjoint de la coopérative laitière Isigny-Sainte-Mère, Luc Lesénécal. Ce dernier va prendre la présidence du directoire. L’adjoint au directeur financier et actuel membre du directoire, Patrice Guinebault, deviendra directeur général. Ces décisions prendront effet en janvier 2013.


Déjà reprise en 1990
Fondée en 1889 et basée à Saint-James, près du Mont-Saint-Michel, l’entreprise avait déjà fait l’objet d’une reprise par ses salariés en 1990. À cette date, la famille Bonte, qui avait acquis l’entreprise en 1950, avait cédé la majorité de ses actions à ses salariés dans une opération menée par deux cadres, Yannick Duval et Joël Legendre, devenus respectivement président du directoire et directeur financier.

Après sa reprise en 1990, Saint-James a connu « un fort développement » avec « trois extensions ».

L’entreprise emploie 300 personnes sur son site de production de Saint-James. Le chiffre d’affaires s’établit à plus de 40 millions d’euros, dont plus de 30 % réalisés à l’export. Rival d’Armor Lux dans la marinière, Saint-James compte une trentaine de boutiques en France et est présent aussi à New York, au Japon et en Suisse.

www.saint-james.fr

SOURCE 13 décembre 2012
http://www.entreprises.ouest-france.fr/article/...

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Les Tricots Saint James prennent leurs racines au pied du Mont Saint Michel.

Autrefois, c'est la laine des moutons du Mont Saint Michel qui servait pour la production de bonnet des Tricots Saint James. Mais depuis la fin des années 60, la laine vient désormais de Nouvelle Zélande, d'Australie et d'Argentine. Là-bas, les élevages sont destinés à la culture de la laine. © Alain Decayeux

Le prix du kilo laine varie entre 13 et 18 euros.
La laine arrive directement teinte dans l'usine de 11.000 m² de Saint James dans la manche (Basse-Normandie). Selon sa qualité (déterminée par la taille et la longueur des fibres), le prix du kilo de laine varie entre 13 et 18 euros. L'usine de Saint James en consomme 30 tonnes par jour.

Les machines à tricoter tournent 24 heures sur 24.
Après une batterie de tests au moment de la livraison, les cones de laine sont disposés sur ces machines à tricoter. Dans cette pièce, 70 machines à tricoter d'une valeur de 100.000 euros chacune tournent 24 heures sur 24.

Une même personne surveille le tricot de 7 machines.
L'activité de tricotage nécessite un fonctionnement en 3x8. Une même personne surveille le tricot de 7 machines. Rare entreprise textile à réaliser encore ses vêtements de laine en France, les Tricots Saint James ont dû se positionner sur le haut-moyen de gamme.

L'industrialisation du tricot n'a pas changé depuis trente ans.
Certaines machines ont plus de trente ans. Mis à part l'électronique qui a révolutionné les possibilitées de création photo, l'industrialisation du tricotage n'a pas beaucoup évolué. Il s'agit de disposer les bobines des couleurs nécessaires sur les outils. Programmées par les superviseurs, elles réalisent des tricots aux caractéristiques précisées à chaque nouveau travail.

1.500 points de tricots par seconde.
Un socle métallique effectue un mouvement de va et vient. En quelques centièmes de secondes, 1.500 points de tricot sont réalisés. Toutes les machines peuvent réaliser n'importe quel tricot. Seul le pull marin a des machines dédiées. Les autres modèles sont tricotés indifféremment sur telle ou telle machine.

Une à deux heures de tricotage par pull.
Il faut entre dix et vingt minutes pour que les machines à tricoter réalisent la pièce demandée. Mais un pull nécessite plusieurs pièces différentes qui, cumulées, nécessiteront une à deux heures de tricotage. C'est la partie la plus industrielle mais aussi la plus longue de la confection des vêtements en laine. © Cécile Debise / JDN

La production de tricots est ajustée en permanence.
Toutes les productions sont gérées informatiquement ici, en fonction des commandes, des capacités et des arrivages. Les couleurs correspondent aux différentes opérations de tricotage. A l'écran, la manche d'un pull que le responsable du tricotage va programmer sur une machine. Le superviseur est informé en temps réel des ordres de tricotage et va chercher les matières premières dans le magasin. © Cécile Debise / JDN

Chaque partie d'un tricot est rangée avant d'être expédiée à la confection.
Après le tricotage, chaque élément de tricots est disposé dans ces étagères roulantes : manches, avant et arrière d'un vêtement. Une fois tous ces éléments réunis ils vont pouvoir passer à la confection. © Cécile Debise / JDN

Des centaines de références tricotées simultanément.
Les Tricots Saint James tricotent simultanément des centaines de références. Ce qui rend l'organisation de la confection très pointue. Les séries comprennent vingt à cinquantaine pièces dont on renouvelle à espace régulier la production. Cette production à flux tendu résulte de la politique de l'entreprise d'investir dans des collections saisonnières plutôt que sur les collections permanentes (le pull marin).

Les défauts sont réparés manuellement.
Si les superviseurs de machines signalent des défauts sur les tricots, le lot est envoyé au raccoutrage. Quatre femmes aguerries au tricot réparent le moindre défaut. Elles connaissent toutes les techniques de tricot employées pour la fabrication. Et en quelques minutes il ne paraît plus aucun défaut. Le lot peut reprendre le chemin de la confection. © Cécile Debise / JDN

Le matelassage, les mailles de laine sont resserrées.
Pour les pulls marins, l'étape du matelassage est primordiale. Les mailles de laine sont resserrées pour donner aux tricots ses propriétés reconnues : un vêtement chaud, imperméable au crachin et résistant au froid.

Le découpage de la laine donne sa forme au futur pull.
Après cette étape vient celle, plus cruciale encore de la découpe. Il s'agit de prendre les patrons d'un modèle et de le découper dans la laine. Pour le pull marin, cela se fait manche par manche et face par face. La scie est si dangereuse que les couturières doivent s'équiper d'un gant en cotte de maille. Le reste de laine est revendu à d'autres industries textiles un euro la tonne.

Des centaines de patrons pour la découpe.
Les tricots Saint James comptent plusieurs centaines de patrons, correspondant aux tailles des collections permanentes et des 300 nouveaux modèles annuels. Dans les ateliers de confection, le travail s'arrête à l'heure du déjeuner et en fin d'après-midi. Une dizaine de personnes travaille à la découpe.

Les t-shirts représentent 30% des volumes de production.
Depuis 1982 le coton complète l'offre de laine. Les tissus arrivent déjà traités à l'usine. Les ouvriers travaillent debout pour découper de large bandes de coton dans lesquels seront taillés des t-shirts. Tous les ans, les Tricots Saint James confectionnent 300.000 t-shirts, soit 30% de leur volume de production.

Une marque de prêt-à-porter marin.
Les t-shirts en coton sont taillés de la même façon que les vêtements en laine. Les Tricots Saint James ont des noms qui évoquent la mer. Plougastel, Artimon, Noroit, Pavois... une façon de s'ancrer effectivement dans la niche textile du prêt-à-porter marin. © Cécile Debise / JDN.

70% de la gamme de prêt-à-porter est fabriqué à Saint James (Alors que Armor Lux produit 60% a l'étranger).
Une fois découpés, les vêtements sont stockés provisoirement dans l'atelier de couture. Ils peuvent y rester plusieurs jours, le temps que tous les éléments nécessaires à la confection soient réunis. 70% de la gamme de prêt-à-porter est fabriqué à Saint James (pulls, bonnets, vestes, t-shirts...). Le reste (chemises et pantalons) est sous-traité auprès d'autres entreprises textiles.

Les couturières jonglent avec des dizaines d'étiquettes différentes.
Entre les tailles hommes, femmes et enfants, les couturières des Tricots Saint James doivent jongler avec des dizaines d'étiquettes différentes. Le développement des collections a ainsi fait passer l'entreprise de 37 salariés en 1970 à 315 aujourd'hui. Une tendance à rebours du marché textile français.

Les salariés détiennent 69% de l'entreprise.
Deux personnes se chargent de poser les étiquettes réglementaires et le logo de la marque. En 1990, le propriétaire des Tricots Saint James décide de vendre l'entreprise. Les cadres et 130 salariés, soucieux de la pérennité de leur usine dans leur ville, la reprennent. Ensemble, ils détiennent aujourd'hui 69% des Tricots Saint James via une société financière. © Cécile Debise / JDN

Les couturières fonctionnent en groupes autonomes.
Les couturières prennent alors le relais. Au moment de la reprise de l'entreprise, en 1990, la production taylorienne est abandonnée au profit de groupes autonomes de sept personnes, donnant plus de souplesse et de flexibilité alors que la fabrication se diversifie de plus en plus.

L'atelier de couture, plus gros contingent de salariés de l'entreprise.
L'atelier de confection représente le plus gros contingent de salariés de l'entreprise. Près de 110 personnes, essentiellement des femmes. Elles autogèrent leur production sous l'autorité d'une chef d'équipe. Chacune des quatre unités dispose des mêmes machines à coudre. Pour des opérations particulières, certaines sont en libre service au centre de l'atelier. © Cécile Debise / JDN

Les couturières peuvent occuper jusqu'à deux postes différents.
Certains postes, comme ici les remailleuses, exigent jusqu'à deux ans de formation. Les couturières les plus aguerries peuvent tenir deux postes de couture différents efficacement. La variété des opérations dépend surtout des modèles. © Cécile Debise / JDN

Les vêtements sont montés à l'envers.
Après être passés entre les mains des couturières et des piqueuses, les vêtements sont assemblés. Ils sont montés à l'envers. Le pull marin traditionnel est vendu 70 euros. Il est amorti depuis bien longtemps. Mais les marges sont étroites. Les Tricots Saint James réalisent plus de marges sur les nouveautés. La marque de prêt-à-porter sort 300 nouveautés par an.

Des objectifs sur la qualité, le travail collectif et le travail individuel.
La production est soigneusement organisée. Chaque étape de fabrication est minutée en fonction d'un barème de points. Les couturières doivent s'y tenir voire l'améliorer, ce qui se traduit par des primes. Elles doivent tenir des objectifs de qualité, des objectifs collectifs (par groupe autonome) et des objectifs individuels.

Le repassage donne sa forme définitive aux produits.
Une fois confectionné le vêtement arrive au repassage. Disposé sur un mannequin, le vêtement subit une pression de vapeur qui lui donne sa forme définitive. Tous les ans, un million de pièces sortent de l'usine des Tricots Saint James.

Les exportations représentent 20% du chiffre d'affaires.
Les vêtements sont immédiatement pliés à la main. Si la France représente l'essentiel des débouchés commerciaux de la marque, les exportations représentent 20% du chiffre d'affaires et prennent une part croissante.

Le Japon, premier client des Tricots Saint James.
Les vêtements sont conditionnés dans un sac plastique estampillé. Seule exception, le marché japonais, premier client des Tricots Saint James, qui bénéficie de sacs avec un zip. Les Tricots Saint James sont présents au pays du soleil levant depuis 1978. Ils comptent quatre boutiques et même un salon thé.

Le magasin contient 4.000 références disponibles.
Tous les produits sont ensuite mis au magasin qui s'étend sur près de 2.000 m². 4.000 références y sont disponibles. Le nombre de modèles augmente chaque année. Entre 1990 et 2005, le chiffre d'affaires des Tricots Saint James a triplé, passant de 9 à 31 millions d'euros.

1.000 boutiques à travers le monde.
Les vêtements Saint James seront vendus dans 1.000 magasins à travers la France. La plupart sont des magasins textiles multimarques avec lesquels Saint James passe des accords exclusifs. Mais depuis 2000, les Tricots Saint James se développent en propre avec une quinzaine de magasins en France et des boutiques aux Etats-Unis, au Japon et en Belgique. Désormais l'objectif est d'étoffer le réseau.


Ce n'est pas du zadig & voltaire, c'est beaucoup mieux, c'est fabriqué en France et c'est sans supercherie marketing.

SOURCE - Toutes les étapes en 29 photos sur :
http://www.journaldunet.com/economie/reportage/...

./.
4
Frederic COUSSEMACQ , Yvon Le Cossec , Patrick Clerget , Louisette Robert trouve trouvent cette discussion intéressante
dimanche 23 décembre 2012
Yvon Le Cossec
Chef d'Entreprise, Artisan Tapissier d'Ameublement: "Du Siège au Décor"
Caugé, France
Merci Pascale pour votre article oh combien complet et captivant !! Un seul mot.. Bravo !! Amitiés. Yvon.
dimanche 23 décembre 2012
Pascale' P.
Meilleur Ouvrier de France en prêt à porter féminin
France, France
Cher Yvon,

Merci pour vos mots. Et un grand merci aux rédacteurs du journal "Ouest France Entreprise" et du "Journal du Net". Merci également au photographe pour ces 29 photos. Les trois acteurs à la source de cette information sans oublier l'introduction venant de wikipedia même si je n'apprécie pas vraiment ce site.

Pour ma part, je ne fais que sonner les trompettes. Trompettes de la renommée et des alertes.

Et enfin, un grand bravo pour votre installation parmi les artisans du savoir faire.
Par votre activité et la complicité de vos clients éduqués le système utopique de la consommation perd encore du terrain. Je m'en réjouis.

Au plaisir
PP