Les phrases noires du Manager Aie!!!Aie!!!Aie!!!

vendredi 22 janvier 2016
Deffiperf C Crouzat Président
President, Deffiperf Gestion.
Givenchy en Gohelle, France
Publié par la CCI NdF

"si vous avez un problème, venez me voir, ma porte est grande ouverte!"
Je qualifie ce type de manager de passif. Un vrai leader va de l'avant et n'attend pas que les managés viennent le voir, car il est dans l'équipe, dans les sujets et essaye directement de trouver des solutions. Ce type de phrase, trop souvent employé, montre aussi un manager lâche. Pensez-vous réellement que la porte d'un dirigeant soit ouverte? La porte est souvent fermée pour cause de réunions (qui passent bien sûr avant vos interrogations et problématiques) et lorsque la porte est ouverte le dirigeant est bien évidemment en rendez-vous ailleurs. Lorsque le problème commence à faire du bruit, il sort la réplique imparable "ben, pourquoi ne m'a-t-on pas mis au courant plus tôt ?!".

"je vais te coacher"
Là encore, un leader ne le dirait pas, il le ferait ! Etant dans l'action et ceci faisant naturellement partie de son rôle, il n'a pas besoin de le préciser. Le "faux" leader a besoin de l'évoquer, pour se vanter et dire à ses pairs et ses supérieurs "je coache untel". Mais ne cherchez pas plus loin, dans les faits, il ne se passera plus rien, il a juste besoin de montrer sa suprématie. De toutes les manières, qui aimerait se faire coacher par une personne qui a besoin de se rassurer elle-même?

"je dois monter une équipe"
Bien évidemment, c'est le rôle de tout manager de faire en sorte que les membres de ses équipes s'entendent et forment un groupe uni qui est capable de faire de belles réalisations ensemble. Au lieu de régler des problèmes entre ses managés, il espère que les problèmes vont se résoudre d'eux-mêmes, car vous avez eu la directive qu' « il doit monter une équipe ».

"je sais ce qui se passe dans les équipes"
Cette phrase vous devez l'entendre lorsque vous montrez, par un exemple concret, que l'on devrait procéder différemment. Dans le même contexte, le vrai leader écouterait les propositions de ses collaborateurs et potentiellement remettrait en cause ses choix. Cette allocution est, en fait, un aveu de faiblesse. Comment une personne, qui ne passe jamais dans les équipes, peut savoir ce qui s'y passe? Au final, par cette phrase, le "faux" leader évoque ouvertement son manque de crédibilité.

"c'est une décision COMEX"
Vous réalisez ainsi que le "faux" leader n'a pas compris son rôle. Au lieu de donner du sens à un changement d'organisation ou changement de stratégie, il se réfugie dans le caractère directif des membres du comité exécutif. Le vrai leader explique, donne du sens et s'assure que le sujet n'est plus une source d'inquiétudes ou de questionnements.

"je vais m'en occuper"
Il est possible qu’un vrai leader qui vous dise cela, dans ce cas, attendez-vous à un retour et un résumé de l'action prise. Le "faux" leader, quant à lui, évoque cette phrase pour montrer qu'il est encore capable de prendre des sujets, d'être dans l'action, mais au final, par peur de prendre des risques, vous n'aurez aucun retour. Et si vous osez lui demander un retour de l'action prise, soit la question revient vers vous sur d'autres sujets ou soit vous entendrez la phrase passe-partout: "je n'ai pas encore eu le temps ...".

"nous ne sommes pas dans une start-up"
Quand vous montrez que vous avez fait de votre équipe une force pour l'entreprise, un vrai groupe, passionné par les sujets, capable de déployer des applications à forte valeur ajoutée, vous avez ce genre de commentaire. Au lieu de faire de votre équipe un exemple, le "faux" leader a besoin de faire des remarques, car forcément, à votre échelle, vous ne pouvez pas faire mieux que lui, c'est une évidence.
"La data, on n'en parlera plus dans 2 ans" ou encore "Chief Data Officer? Il n'y a que le CEO qui peut prétendre ce poste, c'est à lui qu'appartiennent toutes les données!"
Ce type de phrase est souvent dite avec aplomb et en prenant de la hauteur afin de montrer combien ces sujets sont maitrisés et déjà étudiés. Ceci montre surtout toute l'incompétence déclarée des faux leaders, qui n'ont absolument rien compris au virage numérique et au rôle d'un CDO. Comment un CEO pourrait devenir CDO? A-t-il toutes les compétences pour donner une orientation sur la data et a-t-il le temps de définir cette stratégie?

"tu te fais intoxiquer"
Lorsque vous osez demander des explications sur une situation inhumaine générée par le "faux" leader, il aura le don de vous renvoyer le problème chez vous avec ce type d'allocution. Un vrai leader aura eu le courage d'admettre ses fautes et d'avoir une discussion franche et ouverte afin de repartir d’un bon pied. La remise en cause est très difficile, surtout pour une personne qui se pense intouchable.

Ne vous faites pas intoxiquer par ce type de management qui est juste un frein à l'effervescence intellectuelle et professionnelle. Il est possible de travailler dans une équipe soudée, avec un haut niveau d'éthique, avec passion et dans l'objectif d'apporter de nouveaux usages et d'autres regards sur la data.
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