Dendrobena Veneta : combien de contre-références lombricompostage ?

mercredi 2 juillet 2014
Thierry SIn
Consultant-Formateur (lombri)compostage
Paris, France
1. « Malgré quelques réticences de certains agents, nous avons testé un lombricomposteur dans le service, le lendemain de la mise en route, il y avait des vers sur le sol et sur les murs : l’expérience a tourné court !... »,
2. « nous avons mené une opération auprès de 15 foyers témoins, dès les premiers jours plusieurs foyers se sont plaints de fuites de vers, au final le bilan a été globalement négatif, nos élus ne veulent plus entendre parler de lombricompostage ».
3. « on m’a conseillé pour la mise en service de laisser le couvercle ouvert sous une lumière allumée pendant 3 jours, le temps que les vers s’acclimatent »

Le point commun entre ces 3 témoignages est l’espèce de vers : le Dendrobena Veneta…

Certes il s’agit d’un vers épigé, certes il s’appelle également Eisenia Hortensis, mais le Dendro (photo de droite) n’est pas l’espèce la mieux adaptée pour le lombricompostage.
Les Collectivités qui distribuent avec succès des lombricomposteurs depuis des années l’ont bien compris…
1
Sophie Adam trouve trouvent cette discussion intéressante
lundi 7 juillet 2014
Vincent Gobbe
Co-président (bénévole), Comité Jean Pain asbl
Londerzeel, Belgique
Certains professionnels se sont eux-mêmes fait prendre avec ce vers. Je cite un exemple qu'un professionnel du lombricompostage m'a rapporté: il devait fournir une grande quantité de vers, mais il n'en avait plus. Pour s'en fournir lui-même, il a consulté le marché et ia trouvé moins cher en Hollande. Mal lui en a pris car c'était des Dendrobena habitués à poduire ce genre de vers pour la pêche. Ils se sont rapidement dispersés tous azimuts !
Petits conseils par rapport aux témoignages ci-dessus:
1- Si le lendemain de la mise en route d'un lombricomposteur, un grand nombre de vers se taillent, c'est que c'est la mauvaise espèce ou qu'il y a trop de Dendrobena dans le lot. Il faut réclamer auprès du fournisseur et exiger l'échange avec la bonne espèce.
2- Avant de faire tester ce système par des foyers pilotes, une collectivité doit impérativement tester le système en interne. Si ça tourne mal, il y a 9 chances sur 10 pour que l'espèce soit mise en cause... si toutes les précautions d'usages sont prises.
3- laisser une lumière allumée pendant 3 jours ne sert à rien. Dès qu'il fera sombre, ceux qui veulent voyager voyageront ! C'est dans leur nature.
La meilleure façon de ne pas se tromper de vers est d'aller les chercher dans un composteur ménager (de jardin) ou collectif qui fonctionne bien. Là, le Dendrobena s'y risque rarement car ce n'est pas son milieu de vie. On y trouvera pratiquement qu'Eisenia Foetida Foetida ou Foetida Andreï. C'est comme cela qu'on pratique à Bruxelles depuis les premières formations que j'ai données sur le lombricompostage en 2000. Depuis lors, des centaines de personnes le pratiquent et je n'ai jamais entendu de réclamation sur les vers fournis.
Dommage qu'il faille se méfier des fournisseurs de vers !
Ne pas confondre vers pour la pêche et vers pour le lombricompostage domestique.
Cela ne doit pas empêcher les collectivités de se lancer dans la promotion du lombricompostage, mais il faut être prudent et exigent par rapport aux fournisseurs ! Par ailleurs, les formateurs doivent impérativement mettre les collectivités en alerte sur ce problème sinon, le lombricompostage aura mauvaise presse, à tort. Bonne chance...
lundi 14 juillet 2014
Christian Deslignes
Adjoint technique, mairie Culhat 63350
Clermont-ferrand, France
Bonjour,

pratiquement chaque fois que je suis face à un problème de fuite de vers au démarrage d'un lombricomposteur lors de mes interventions sur le forum de Verslaterre,je constate que les vers sont un mélange d'espèces dont le Dendrobena fait partie.
L'argument qui dit, qu'avec trois espèces, on couvre plus de conditions différentes et que l'on a plus de chance de réussite ne tient pas parce que le Dendrobena ne supporte pas la "litière neuve" il lui faut ses conditions sinon il les cherche ailleurs au péril de sa vie qui finit souvent sur le carrelage.
En fait,en admettant que le partage d'espèce soit respecté,le démarrage se fait avec les 2/3 des vers achetés et après quelques jours de panique du néophyte.Le démarrage se fait plus lentement en augmentant le risque de suralimentation puisqu'on ne sait pas ce qu'il reste de vers.
Pour éviter les contre-références,il faut dire la vérité aux clients,je ne comprend pas les vendeurs de lombricomposteurs qui se tirent une balle dans le pied en fournissant ces vers inadaptés au lombricompostage d'intérieur. L'enjeu ,outre leur business,est important pour la collectivité.