Outplacement : mode d'emploi

lundi 14 janvier 2013
Noemie LE MENN
Consultante coach, ACTENCIA
PARIS, France
Aujourd’hui 5% des cadres en recherche d’emploi bénéficient d’un outplacement alors qu’un accompagnement de ce type réduit le temps de recherche de moitié. Pourquoi si peu de salariés choisissent cette option et comment peuvent-ils choisir le meilleur outplacement ?

Pourquoi si peu : la tentation du court terme.
Les directions des Ressources humaines nous affirment qu’ils le proposent quasi systématiquement à leurs salariés lors des négociations de départ mais que ceux-ci préfèrent intégrer le budget de la prestation à leur enveloppe de départ. Est-ce la tentation du court-terme ? Un tien vaut mieux que deux ? L’ignorance des difficultés d’une recherche d’emploi ? L’outplacement diminue de moitié la durée de recherche : Alors faut-il se reclasser en 8 ou 16 mois ? Le coût d’un outplacement est au maximum de 18% du salaire brut annuel de son bénéficiaire. Ce qui correspond à un montant d’honoraires d’environ 2 mois de salaire pour une rémunération de 100 000 € pour économiser 8 à 12 mois de recherche à un taux d’indemnisation de l’ordre de 57% de l’ancienne rémunération. Le calcul est rapidement fait et le retour sur investissement est évident d’autant plus qu’après 18 mois de recherche la plupart des cadres acceptent une rémunération inférieure à celle qu’ils percevaient lors de leur dernier poste. Nos DRH nous avouent peu déployer d’argumentaire de l’outplacement : leur préoccupation est de conclure la transaction au mieux.
Que dire à ceux qui pensent que l’outplacement ne sert à rien ? Qu’il a fait ses preuves et permet de s’épargner 8 à 12 mois de recherche ! Que seuls ils n’auront pas un retour attentif sur leurs performances. L’utilisation des associations et des bénévoles est un plus mais ne peut pas concurrencer la qualité d’un accompagnement personnalisé. Comment cela pourrait-il être inutile de s’entrainer aux entretiens de recrutement, d’être conseillé(e) par un professionnel qui sait comment relancer, comment trouver de nouvelles cibles de prospection, comment construire un plan B ?

Comment choisir le meilleur outplacement ?

1/ S’adresser à un professionnel :
Le marché de l’outplacement comme celui de tous les métiers non réglementés apparaît comme une planche de salut pour de nombreux cadres en transition qui s’improvisent « consultant en outplacement » sans la moindre connaissance des techniques de recrutement, des méthodes d’analyse de l’adéquation homme/poste et des métiers de l’accompagnement. Il existe donc pléthore de consultants et c’est à vous de choisir celui qui va vous accompagner. La plupart du temps les RH de l’entreprise ont déjà référencé quelques cabinets : commencez donc par rencontrer leurs consultants. Le plus simple consiste à s’adresser à un cabinet Syntec Conseil en évolution professionnelle : un garant du professionnalisme et de l’éthique des pratiques.
2/ Choisir le consultant qui vous convient :
Parmi tous ces professionnels compétents : qui choisir ? Le climat de confiance, de détente que cette personne va savoir installer est un atout pour favoriser « le feeling ». N’oubliez pas que vous allez la fréquenter pendant plus de 60 heures en tête à tête : il est donc indispensable que vous vous sentiez à votre aise. Cependant n’oubliez pas que vous ne cherchez pas un(e) nouvel(le) ami(e) ou votre clone. Choisir la personne qui a fait les mêmes études, le même parcours et qui pense comme vous risque de favoriser les projections et ce n’est pas une bonne idée dans un processus de transition. Vous choisissez un professionnel de l’outplacement et pas un collègue avec lequel deviser sur votre métier.
3/ Connaître son objectif, préparer son plan d’action et s’entraîner aux entretiens
Il est urgent de prendre son temps pour préparer son parcours de recherche : C’est l’étape du bilan. Elle sera suivie d’une formation aux techniques de recherche. Une recherche d’emploi en outplacement prend en 2012 entre 8 à 12 mois. Ceux qui se précipitent sans préparation se grillent rapidement sur la marché et augmentent leur temps de recherche en multipliant les erreurs En se lançant trop tôt, ces candidats hyperactifs vont se griller et se fermer durablement des opportunités.
4) Et suivre la méthode et ses conseils
Tous les gens que vous allez rencontrer, armés de la plus haute bienveillance, vont vous donner des conseils sur votre CV et votre stratégie, il se trouve juste qu’ils n’ont généralement pas la compétence pour être écoutés. Vous avez choisi un professionnel : écoutez-le et appliquez la méthode! Et soyez persévérant : Ce n’est pas parce que cette méthode ne fonctionne pas tout de suite qu’il faut changer de méthode…En 2012, pour un cadre dirigeant, il faut en moyenne 120 rdv réseau pour obtenir les premières propositions et à moins d’une centaine de candidatures spontanées « fraîches » dans la nature : rien ne bouge ! Chercher un job c’est cumuler l’effet qualitatif à l’effet quantitatif : autrement dit il faut bien et beaucoup chercher ! L’ennemi c’est la frustration et le découragement et le métier de votre consultant consiste aussi à vous aider à maintenir vos efforts dans le temps. En maintenant votre confiance en vous, vous permet une meilleure négociation de votre salaire d’embauche.
5) Etre ouvert
Il est primordial de ne pas s’isoler ! C’est au contraire le moment de s’exposer, de se montrer et de faire savoir que vous êtes à l’écoute d’une proposition. Profiter des réunions, des formations et des activités proposées par le cabinet est un des moyens à votre disposition pour vous faire connaître, échanger et vous ressourcer. Le réseau des autres cadres en recherche peut devenir le vôtre et ce soutien social est un excellent antidote au stress.
Noémie LE MENN - Consultante Associée- ACTENCIA
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