La consommation collaborative peut-elle impacter notre consommation habituelle?

jeudi 16 mai 2013
Anne sophie Dumont
Planneuse stratégique, Agence Anis
Paris, France
Alors que la consommation collaborative se développe de manière exponentielle et que chaque jour de nouveaux acteurs font leur apparition sur ce marché, prenons quelques minutes pour analyser ces impacts sur l’économie et sur nos modes de consommations habituels.

Définition :
La consommation collaborative : c’est la location de biens matériels entre particuliers. Ce n’est pas le partage de la misère mais plutôt de la richesse de fabriquer des choses à plusieurs.

Génèse :
Il y a aujourd’hui une aspiration à faire autrement, à optimiser les ressources, avec le numérique qui permet de fluidifier tout ça. La crise en a été un accélérateur qui est devenue une opportunité de réinventer les modes de consommation. Avant on partageait une charrue avec des agriculteurs que l’on connaissait, aujourd’hui on partage des biens/services avec des individus que l’on ne connaît pas.

Constat :
La consommation collaborative la plus appréciée en France est celle qui touche aux plus fortes dépenses : logement et voiture.
- BlablaCar alias covoiturage.fr c’est 46% de 18-25 ans pour les passagers, 39% de 18-25 ans pour les conducteurs, et plus de 4000 nouveaux inscrits sur le site par jour (vs 2000 nouveaux nés par jour en France). Après son ouverture en Espagne en 2009, au Royaume-Uni en 2010 et au Portugal, en Italie, au Benelux et en Pologne en 2012, BlaBlaCar accélère son développement international en s’implantant dans l’un des plus grands marchés européens.
- De la même façon Airbnb, propose de louer/échanger son logement entre particulier. Le site compte aujourd’hui plus de 40 000 inscrits et vient de dépasser les 10 millions de nuitées réservées.
Airbnb pourrait alors amener à modifier le visage complet du secteur de l’hôtellerie tout comme BlablaCar celui de l’industrie automobile.

Impact sur l’emploi
C’est un fait le visage de l’emploi en France ne sera plus le même dans 10 ans, le CDI n’y est déjà plus la norme puisque récemment le nombre de CDD l’ayant dépassé. Or la consommation collaborative n’est pas uniquement synonyme de précarité, ça peut aussi être l’opportunité d’avoir une autre activité professionnelle.
Par exemple sur le site Zilk ( http://fr.zilok.com/ ), site de location entre pros et/ou particuliers, un senior a débuté en proposant 3 objets, il en loue aujourd’hui 80, s’est déclaré auto entrepreneur et gagne entre 1200 et 1500€/mois.

La confiance règne :
La consommation collaborative est une question de confiance et une récente étude montre qu’elle règne dans ces réseaux d’échanges.
Puisque concernant le niveau de confiance accordée entre individus :
Confiance à un inconnu : 2,5/5
Un voisin : 3,3/5
Un ami : 4,71/5
La famille : 4,68/5
Un membre de réseau de consommation collaborative : 4,25/5

Dernières tendances :
Bientôt l’arrivée du jobbing en France : c’est à dire si vous avez besoin de quelqu’un pour un service, vous pouvez poster votre demande et quelqu’un y répond contre rémunération. La tâche la plus fréquente étant le montage de meubles IKEA. (Youpijob)

Quand les marques s’y mettent:
En France Citroën est le premier acteur à s’y être intéressé en proposant une plateforme de co-voiturage sur leur site sous la marque Multicity, http://www.multicity.citroen.fr/

Conclusion :
La crise ne doit donc pas être considérée comme une fatalité mais elle pousse les individus à innover, à inventer de nouveaux moyens de consommation.
La consommation collaborative en est un exemple marquant en France, elle ne concerne pour l’instant qu’une partie non représentative de la population mais elle amène les individus à reconsidérer une consommation qui leur semblait immuable.
Effrayante pour les marques aux premiers abords, puisque elle offre un échange de biens et de services entre consommateurs sans intermédiaires, elle ne doit pas pour autant être ignorée par celles-ci. Il est important pour les marques de considérer ce réseau, de le faciliter pour se placer du côté des consommateurs et effacer cette image d’acteur capitaliste éloigné des réalités contemporaines…
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Philippe Barré , Jean-Francois Rigaud trouve trouvent cette discussion intéressante