Le monde : Le numérique, une nouvelle chance pour les littéraires

lundi 30 décembre 2013
Claire-Amélie GABRIEL
Chargée de communication interne, BG Aval, AREVA
Clichy, France
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mardi 15 avril 2014
Bonjour,

Peut-être, peut-être... Je vous avoue qu'à la lecture de cet article je suis quelque peu sceptique.

Faut-il vraiment qu'un professionnel passe des heures sur Internet (ce qui crée tout de même bien du temps de labeur non rémunéré), pour tenter d'appâter le chaland avec des suites de mots alignés telles des sardines dans une boîte (ou tels des soldats de plomb sur une étagère si vous préférez...) ou des phrases truffées d'anglicismes que même les sujets de Her Royal Majesty ne comprennent pas et autres néologismes barbares ?

ESBROUFE OU SAVOIR-FAIRE ?
Je me pose sérieusement une question : dorer son blason sur le Net, faire de l'esbroufe sur la toile, avancer dans le "classement Google" au moyen de monnaie sonnante et trébuchante, c'est une chose... Faire du "bon boulot" et gagner sa bonne réputation, et a fortiori sa croûte, en montrant vraiment ce que l'on sait faire, c'en est une autre...

Si je suis à la recherche d'un professionnel, quel qu'il soit et quoi qu'il fasse, la perle rare qu'il me faut est-elle vraiment celle qui s'impose à mes yeux à grands coups de « Glouglou » (lisez « Google », c'est moi qui traduis ce borborygme en « français »...) ou bien dois-je chercher la fourmi qui sait bien faire son travail, c'est-à-dire celle qui vingt fois sur le métier remet son ouvrage et n'a donc que très peu de temps (et d'argent) à consacrer à tout cet affreux galimatias verbeux qui trompe parfois plus qu'il ne convainc ?
J'en veux pour preuve ce prétendu confrère ou cette soi-disant consœur qui laisse traîner des fautes sur son propre site et qui, après avoir « fait bien du foin » sur Internet et laissé l'empreinte de sa patte sur tous les blogs et dans toutes les discussions (ce qui a dû par ailleurs lui coûter fort cher en temps), est encore aujourd'hui, quatre ou cinq ans après ses débuts, constamment à la recherche de nouveaux clients...

Réfléchissons : n'est-ce pas plutôt à l'œuvre qu'on connaît l'ouvrier ? Cette maxime remonte à l'Antiquité grecque (à Aristophane plus exactement). Nos anciens avaient vraisemblablement sur ces choses une sagesse que nous n'avons peut-être plus...

RELATIVISONS ET SACHONS RAISON GARDER
Pour rester plus près de nous, je dirai que « c'est en forgeant qu'on devient forgeron ».
Passons donc plus de temps à bien travailler, un petit peu moins à nous pavaner, à nous démener comme de beaux diables sur les réseaux et à jouer à qui attrapera le chaland. Ainsi, à terme, seuls les plus fiables « ouvriers » resteront et il n'y aura plus de vile tromperie sur la marchandise, non ? Sa tâche accomplie, il restera à chaque professionnel sérieux un peu de temps pour faire autre chose, car vivre, ce n'est peut-être pas seulement travailler et communiquer pour espérer travailler.