BOURREAU - VICTIME - SAUVEUR: sortir du "triangle infernal"

dimanche 13 février 2011
Valérie BAROTH
Master Coach certifiée; Conseil en Droit et Assurance de la Construction
NANCY, France
Lors de notre dernier atelier,co-animé avec Christian nous avons expérimenté ce qui peut tout naturellement nous mener à ce jeu psychologique, à ces trois comportements.

A partir de l’histoire vécue et racontée d’un conflit né dans un bus entre le chauffeur et une passagère qui voulait subitement descendre, paniquée par le risque de manquer son train, nous avons pu constater combien, aussi nombreux que nous étions, chacun a recherché des causes à ce conflit. Pour les uns, le chauffeur frappé était une victime, pour les autres, c’était la passagère, que le chauffeur avait provoquée.
Les uns ont donné raison au chauffeur, les autres à la passagère, spontanément, c’est le coupable qui a été recherché. Force est de constater que si nous avions été dans ce bus, cette recherche n’aurait pas permis à cette dame d’attraper son train…

Nous avons donc découvert, que dans la résolution d’un conflit humain, l’important n’est pas de trouver la cause, le coupable, car chacun, Victime ou Bourreau est acteur, à son bout de la relation, de la dégradation de la relation.

Pendant que nous débattions, un participant a été ligoté par les mains, sans qu’aucune réaction ne se produise, ni de sa part, ni de la part de l’assistance.
Au bout d’un long moment, la remarque en a été faite à tous, ce qui a donné naissance à de multiples explications rationnelles, logiques destinées à justifier la passivité et donc…la complicité avec le Bourreau.
Un lien a pu être fait avec un Atelier précédent sur l’expérience de MILGRAM.
Il en est ressorti globalement, une soumission à l’autorité (morale, uniquement…) que représentait l’animateur. « Il devait avoir ses raisons »

Puis, une participante, se sentant désormais autorisée à être Sauveur s’est levée, pour délivrer la Victime et s’est spontanément attaquée (pour rire…) au Bourreau pour l’attacher.

Et nous avons donc expérimenté comment, dans le jeu psychologique du triangle de KARPMAN Bourreau –Victime – Sauveur, les comportements peuvent évoluer très rapidement, et un Sauveur, devenir un Bourreau.

Alors, comment sortir de ce triangle infernal ?

Tout d’abord, en s’exerçant à le détecter.
Si dans une relation, l’un des protagonistes prend le dessus sur l’autre, si l’un se sent bien et l’autre se sent mal, c’est qu’ils sont entrés dans ce jeu psychologique
Fréquemment le Bourreau cherche à culpabiliser, dénigrer… sa Victime, il la met dans des situations paradoxales où ses ordres sont impossibles à exécuter…

Mais pour qu’il réussisse son entreprise de sape, encore faut-il que la Victime acquiesce, pense (consciemment ou non) qu’il a raison. « qui ne dit mot consent »

Notre Victime ligotée, nous a expliqué, qu’elle a pensé immédiatement avoir commis une faute dans ses interventions, elle a pensé qu’elle était naturellement punie et que les mains ligotées signifiaient pour elle, ne plus avoir le droit de parler. Stupéfiant, non ? Et cette personne était parfaitement équilibrée.

Alors, s’il y a jeu psychologique, c’est que tous les rôles sont pourvus : Victime, Bourreau et Sauveur.

Donc, pour ne pas rester dans le rôle d’une Victime trop longtemps, quand cela nous arrive, il est important de « muscler » son estime de soi, pour oser s’affirmer (sans s’imposer, comme nous l’avons déjà vu –cf mon article « Comment dire NON ».- ).
S’affirmer, c’est aussi reconnaître l’autre dans ce qu’il ressent et le lui dire. Ainsi, chacun est légitime dans ce qu’il affirme et la coopération peut démarrer, dans la recherche des points d’accord.

Il en est de même pour celui, dont le comportement le plus souvent adopté est celui du Bourreau, car même s’il permet éventuellement de dominer, il ne rend pas forcément serein. Ce comportement résulte de la peur d’être dépassé, du manque de confiance en soi…

Alors, en prévention, musclons et assouplissons! Nous comprenons tous qu’un corps bien entretenu, des muscles travaillés, souples et puissants nous permettent, en cas de coup dur, de mieux résister, à la maladie, aux accidents, de mieux nous rétablir quand malgré tout il est atteint.

Il en est de même pour notre état psychologique.
Nous éprouverons ainsi moins le besoin :
- d’asservir l’autre ou
- de nous plaindre éternellement d’être victime (des autres, de la société…) ou
- de vouloir sauver le monde (quitte à nous transformer en Bourreau pour cela)

Nous endossons tous un de ces trois rôles par prédilection, en fonction de la vision que nous avons construite du monde, et de nous-même, de par ce que nous avons vécu et ressenti étant enfant. Et il n’y a pas un rôle plus noble qu’un autre.

En tant qu’Adulte, il nous appartient de détecter la nature de notre comportement, de l’analyser et d’agir pour sortir de ce rôle systématique.

Etre responsable, c’est considérer la situation relationnelle, en prendre conscience, sans en chercher la cause, le coupable, et faire en sorte de la dénouer en sortant du rôle, pour coopérer au lieu de s’affronter.
En cherchant la cause, nous subissons,
en construisant la solution, nous agissons !
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Mathieu PECHADRE , ERIC BRUNELLE , trouve trouvent cette discussion intéressante
dimanche 13 février 2011
Bonjour Valérie,

"En tant qu’Adulte, il nous appartient de détecter la nature de notre comportement, de l’analyser et d’agir pour sortir de ce rôle systématique."

Si vous dites que nous occupons tous un rôle, il revient à dire que nous en quitterons un, pour en prendre un autre... N'est-ce pas alors tourner en rond ?

A moins que votre test n'est mis en évidence un certain nombre de participant "neutre", j'ai un peu le sentiment que ce genre d'exercice et de réflexion ne sert pas à grand chose.


Cordialement,
Sylvie
dimanche 13 février 2011
Valérie BAROTH
Master Coach certifiée; Conseil en Droit et Assurance de la Construction
NANCY, France
Bonsoir Sylvie,

En effet, dès lors que nous entrons inconsciemment dans un jeu psychologique (j'aurais dû repréciser cette circonstance...) nous tournons en rond:
la Victime peut se transformer en Bourreau, qui devient Victime; un Sauveur peut entrer dans la danse (dans le rond...),devenir Bourreau du Bourreau, qui devient Victime, et si le Sauveur finit par penser que la Victime qu'il défend est trop passive,devenir son Bourreau, etc...

D'où l'intérêt d'en prendre conscience pour sortir du jeu (donc ne plus endosser aucun de ces rôles)et entrer dans une relation respectueuse de l'autre et de soi.

Quant à votre sentiment d'inutilité de notre atelier,je laisserai chacun des nombreux participants en juger pour lui-même.

Ce jugement de valeur est-il destiné à tester un rôle de Bourreau? :-)

Merci de m'avoir permis de préciser ma pensée.

Cordialement
Valérie
dimanche 13 février 2011
Nullement Valérie mais si vous publiez c'est aussi avec le risque d'en recevoir des avis qui ne vous conviennent pas.

Il ne s'agit pas de voir des bourreaux et des victimes partout, autrement plus personne ne donne son avis, ni ne participe à l'échange.

Le fait de donner une opinion est un jugement de valeur ? Vous vous sentez visée en tant que personne, dans la critique (constructive puisque vous avez pu préciser votre pensée)de ce genre d'exercice ?

Ceci dit je ne voulais pas vous vexer...

Au plaisir,
Sylvie
dimanche 13 février 2011
Pour préciser mon "jugement" que vous estimez de valeur, je vais donc vous donner les raisons qui me portent à penser que ces exercices sont inutiles.
Vous ne démontrez rien, ni n'apportez la valeur ajoutée à votre exercice.

1/ Vous dites que chaque intervenant est soit "bourreau" "victime" ou "sauveur".
2/ Que l'on ne peut qu'être un des 3
3/ Qu'il faut en être conscient pour sortir du schéma.

Donc retour au n° 1 puisque l'on ne peut être qu'un des 3 et qu'en prendre conscience ne changera rien.

"Nous endossons tous un de ces trois rôles par prédilection, en fonction de la vision que nous avons construite du monde, et de nous-même, de par ce que nous avons vécu et ressenti étant enfant. Et il n’y a pas un rôle plus noble qu’un autre"

Puisque l'humain fonctionne comme ça,(si je suis bien votre raisonnement)votre exercice est inutile :))
dimanche 13 février 2011
Sabine DUGOT
Dirigeante, Coach, Consultante Bilan de Compétences, sens action
ENGHIEN les Bains, France
Bonsoir à tous,

Il me semble que le meilleur moyen de sortir de ce "triangle dramatique" est .....de refuser d'y entrer, notamment par la porte du "sauveur" qui semble la plus accessible à tout un chacun.

Comme d'ailleurs mes étudiants/cobayes de Milgram qui se sont persuadés de donner de leur temps, pour faire avancer la science......puis sont devenus bourreaux pour finir victimes.

Et puis, qui a dit que notre vie relationnelle se résume à Karpman?

Bien cordialement

Sabine
dimanche 13 février 2011
Valérie BAROTH
Master Coach certifiée; Conseil en Droit et Assurance de la Construction
NANCY, France
Mais non, Sylvie,je ne me suis pas sentie visée en tant que personne puisque nous ne sous connaissons pas "en tant que personnes".

J'ai fait un trait d'humour - d'où le ":-)" à la fin de la question - raté...pour montrer que je pouvais éventuellement endosser le rôle de Victime, face à votre jugement, opinion...
C'était "pour de faux",comme disent les enfants.

Voyez comment un conflit aurait pu naître si cela avait été vraiment ressenti.Ce jeu psychologique aurait pu démarrer, on pourrait même estimer qu'il a un peu démarré avec votre deuxième post...

Justement,l'enjeu est de ne pas se voir toujours Victime, ou de se comporter toujours en Sauveur ou en Bourreau, donc de ne pas entrer dans ce jeu psychologique,ni d'en être l'initiateur.
C'est tout l'intérêt d'un travail personnel,lorsqu'on éprouve le besoin de sortir de ses comportements réflexes, conditionnés, pour acquérir une véritable liberté d'action.

Mon objectif,n'est évidemment pas de vous convaincre, quel intérêt aurais-je?

J'apprécie d'échanger avec vous, c'est de voir la diversité des avis qui est intéressante et surtout de constater comment ce que l'on exprime est reçu.

Alors, à suivre...
dimanche 13 février 2011
Valérie BAROTH
Master Coach certifiée; Conseil en Droit et Assurance de la Construction
NANCY, France
Vous m'avez comprise, Sabine,

ne réduisons pas notre vie relationnelle à KARPMAN et à ce jeu psychologique, elle sera bien plus riche et plus fluide.

Comme vous le dites, le rôle de Sauveur est celui le plus facile à endosser, le plus valorisant aussi, un vrai piège.

Oui,Marguerite,sortir de son rôle de Victime est parfois bien difficile,tant il est source de bénéfices secondaires.

Cordialement
dimanche 13 février 2011
Valérie B

Désolée je n'avais pas compris que c'était un trait d'humour, ça m'étonnait un peu de votre part, mais comme vous le dites, nous ne nous connaissons pas.
En revanche non, pas d'entrée dans le jeu ou "votre jeu" ;).

Dès lors où ce que j'exprime peut présenter un doute, j'argumente un peu plus le cheminement de ma pensée.
(un clin d'oeil aurait été plus explicite parce que vous savez un sourire... enfin je pense que je n'ai pas besoin de vous faire un dessin).

Au plaisr,