L’habitat participatif sort de sa niche et casse la baraque ...

dimanche 10 septembre 2017
Jean-Philippe Brun
" Un homme, une voix "
Enghien-les-Bains, France
Bonjour,

@ L'Humanité | 05.09.17 | by Stéphane Guérard | L’habitat participatif sort de sa niche et casse la baraque ...

| S’ériger en collectif d’habitants pour imaginer, construire, puis vivre dans des logements avec espaces privés et partagés n’est plus réservé à quelques élus. Des associations, coopératives HLM et municipalités s’y sont mises, à grande échelle...|

Ceux qui pensent que l’habitat participatif, avec ses espaces privés et communs, est une mode réservée à des néo-hippies ou des bobos pionniers de la gentrification des quartiers populaires devraient faire un tour sur le site Web de la Coordin’action. Ils y trouveront une carte de France hérissée de petits panneaux répertoriant tous les programmes à venir ou achevés relevant de cette autre manière d’habiter la ville comme la campagne. À croire que l’Hexagone est devenu une vaste zone de chantier pour ces constructions alternatives.

L’habitat participatif a, certes, connu plusieurs vagues. Celle des « castors », ces mal-logés d’après guerre qui ont uni leurs forces pour bâtir des toits communs. Celle du mouvement de l’habitat autogéré des années 1970. Mais la vague actuelle qui gagne tous nos territoires est bien plus forte, grâce à l’inversion des courants liés à l’adoption de la loi Alur en 2014. C’est elle qui a conféré à ces formes alternatives de logement une définition juridique. Article L. 200-1. : « L’habitat participatif est une démarche citoyenne qui permet à des personnes physiques de s’associer, le cas échéant avec des personnes morales, afin de participer à la définition et à la conception de leurs logements et des espaces destinés à un usage commun, de construire ou d’acquérir un ou plusieurs immeubles destinés à leur habitation et, le cas échéant, d’assurer la gestion ultérieure des immeubles construits ou acquis (…) dans une logique de partage et de solidarité entre habitants. »

¤ « Nombreux sont les Français qui ne souhaitent plus vivre isolés »

Trois types d’acteurs ont pris la vague. D’une part, les associations de promotion de l’habitat participatif, pour qui cela correspond « à deux aspirations sociales majeures : se réapproprier son quotidien en mettant en pratique le vivre-ensemble. Nombreux sont les Français qui ne souhaitent plus vivre isolés, mais cherchent des relations de voisinage et de convivialité », souligne Vincent Le Rouzic, président de la Coordin’action. Des élus des collectivités locales se sont approprié ces nouveaux outils d’urbanisation. Pour Alain Jund (président du réseau national qui les fédère), ils y trouvent « une forme d’utopie réaliste qui permet de définir ensemble la conception des logements ; de remettre du commun dans l’habitat et l’urbanisme ; qui offre une troisième voie sociale et solidaire entre logements publics et privés ». Les bailleurs sociaux s’y sont mis, singulièrement les coopératives HLM, attirées par « ces projets donnant les moyens à des gens qui en sont privés – familles monoparentales, retraités ou travailleurs pauvres – d’accéder à la propriété ou de rompre leur isolement en devenant locataires d’habitats partagés », résume Anne Chemier, de l’Union sociale pour l’habitat.

Sur le terrain, ces aspirations ont donné lieu à plusieurs modèles de fonctionnement. Il y a les habitats en autopromotion, groupant des particuliers qui financent eux-mêmes leur programme. Des coopératives d’habitants : la coopérative, propriétaire des logements et du foncier, porte les emprunts que les habitants sociétaires remboursent par des loyers. Enfin, des habitats participatifs en location ou accession sociale à la copropriété, soutenus par des organismes de HLM. Certaines municipalités dopent ces pratiques en les inscrivant dans leur plan local d’urbanisme et d’habitat. Ensuite, c’est à chacun de ces programmes de trouver sa vocation. À Villeurbanne, la coopérative du Village vertical a donné accès à la copropriété à 14 ménages. Strasbourg a fait rimer écoquartier avec espaces partagés. Les campagnes ne sont pas en reste (voir notre reportage). Tout cela ne s’élabore pas sans mal et implique de vrais changements culturels. Ce que relève Frédérique Kaba, de la Fondation Abbé-Pierre : « Les architectes, les bailleurs, les collectivités veulent toujours disposer d’options très standardisées. Cela ne va pas avec l’habitat participatif, qui demande du temps pour trouver le collectif d’habitants qui définira le projet de vie. Et plus on est pauvre, moins on a accès à la participation. » Vincent Le Rouzic l’admet : « On bouscule beaucoup de choses. Malgré cela, malgré aussi les problèmes d’accès aux financements, l’habitat participatif est en train de changer d’échelle. » ...

... cet article de Stéphane Guérard en Vo numérique L'Humanité > http://tinyurl.com/y76ogaks

(relayé par) JPh Brun
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Antoine MENET trouve trouvent cette discussion intéressante