Une femme ailée se pose au musée Lalique

lundi 1 juillet 2013
Anne-Céline Desaleux
Chargée de communication / développement touristique, Musée Lalique
Wingen-sur-Moder, France
Le 16 février dernier, les collections Art Nouveau du Garden Museum étaient mises aux enchères chez Sotheby’s à Paris. Si l’ensemble de la vente a fait sensation, il n’est nul doute que c’est la vente d’une Femme ailée de René Lalique qui a marqué les esprits avec une adjudication à plus d’un million d’euros, soit quatre fois l’estimation de départ.

1900, Exposition universelle de Paris

L’Exposition universelle de Paris en 1900 est souvent considérée comme l’apogée de la carrière de René Lalique dans le monde de la joaillerie. Dès 1895, le bijou devient un art à part entière et Lalique présente ses oeuvres au Salon de la Société des Artistes Français. Il renouvelle alors tant les matériaux qu’il emploie (en utilisant l’émail, la corne, l’ivoire ou le verre) que les motifs qu’il représente avec notamment la figure féminine, qui se transorme parfois en créature fabuleuse. Pour son stand dans le pavillon des Bijoutiers, il crée cinq statues en bronze qui forment une balustrade. Aériennes et gracieuses, ces Femmes ailées servent d’ornements autant qu’elles mettent en avant les créations de l’inventeur du bijou moderne, comme l’avait surnommé Gallé. De ces cinq modèles, l’un se trouve aujourd’hui au musée Lalique d’Hakone au Japon et un autre au Kunstgewerbemuseum de Berlin. A partir du 28 juin, une troisième Femme ailée sera présentée au musée Lalique à Wingen-sur-Moder, en Alsace, au sein de l’espace consacrée à l’Exposition universelle, en parallèle d’une photo grand format représentant le stand de René Lalique.

Une passion à partager

Shai Bandmann (Israël) et Ronald Ooi (Singapour) sont les deux collectionneurs qui mettent en dépôt la Femme ailée au musée Lalique. Epris des créations Lalique, que ce soit les bijoux ou les oeuvres en verre de l’artiste, les deux amateurs et fins connaisseurs complètent leur belle collection, tout en ayant le souhait de pouvoir partager leur passion avec le plus grand nombre. Ce qui explique les nombreux dépôts consentis au musée Lalique.

Véronique Brumm, directeur du musée Lalique, le précisait dès l’ouverture du site en 2011 : les pièces exposées dans les collections permanentes pourraient être changées en fonction de prêts ou d’expositions en préparation. Mais elle n’envisageait pas à l’époque l’arrivée d’une oeuvre telle que la Femme ailée. « Les oeuvres qu’ils prêtent au musée de Wingen-sur-Moder sont toujours de véritables atouts, mais il est vrai que la Femme ailée, avec toute l’histoire et la part de rêve qu’elle porte en elle, est vraiment exceptionnelle. Ce fut une très belle émotion que de la découvrir en vrai, à son arrivée au musée. C’est une chance que de pouvoir l’exposer ! »
En plus de la Femme ailée, les visiteurs du musée Lalique peuvent admirer une lampe Epis de 1919, des bijoux en verre crées par René Lalique dans les années 1920... autres oeuvres prêtées récemment par messieurs Bandmann et Ooi.
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