Comment un chômeur a espionné ses 653 concurrents

vendredi 17 août 2012
BRIGITTE MARTOIA
Formation - Accompagnement du changement
Paris, France
Un diplômé new-yorkais a posté une petite annonce d'emploi pour vérifier à quoi pouvaient ressembler ceux qui postulaient aux mêmes annonces que lui.


Des centaines de CV envoyés, si peu de réponses. Après un mois de recherches très actives mais totalement infructueuses, un Américain, Eric Auld, a décidé de poster sa propre annonce d'emploi. Diplômé d'un master en littérature anglaise, il travaille à mi-temps et a du mal à boucler les fins de mois. Son but, en postant son offre sur les très populaires sites Craigslist et Monster: découvrir quels profils ont ceux qui postulent aux mêmes postes que lui.

«Recherche assistant administratif pour bureau en centre-ville [de New York]. Missions: répondre au téléphone, photocopier, envoyer des e-mails, accueillir les clients, agenda. Expérience à un poste similaire bienvenue. Salaire horaire: 12-13 dollars. Plein temps.»

Les réponses pleuvent dès les premières minutes après la mise en ligne. «Je l'ai publié un jeudi à 14h41. Les premières réponses sont tombées quatre minutes après. Dix minutes après, j'avais 10 CV. (…) Vingt-quatre heures après, j'avais 653 réponses. J'ai alors retiré l'annonce», raconte Eric Auld sur le site ThoughtCatalog.

Il découvre que très peu des candidats détiennent un diplôme de niveau master, comme lui. Beaucoup en revanche ont l'équivalent d'une licence. Le résultat qui l'étonne le plus: «10% des répondants ont plus de 10 ans d'expérience! Postuler à ce type de poste semble tellement au-dessous de leur niveau!», relate-t-il au site de la radio publique américaine NPR.

Les commentaires sous son témoignage le confrontent à la réalité des pratiques des services de ressources humaines en entreprise. «Les diplômes de niveau master comme le vôtre pénalisent les CV, surtout sur ce type de poste en bas de la hiérarchie, lui répond Sarah, qui dit travailler dans les RH. Vous vous ennuierez tellement après deux semaines que ce n'est même pas la peine de vous embaucher.»

Eric Auld ne se démonte pas. Et explique à NPR «qu'avec un marché du travail dans un tel état (taux de chômage à 8,3%, NDLR) les diplômés de tous domaines n'ont d'autres choix que de postuler à ce type de postes». Il tire cette conclusion de son expérience: «Quelle que soit ta motivation pour décrocher cet emploi, il y a 652 autres personnes qui le veulent aussi.»

http://www.lefigaro.fr/emploi/2012/08/16/09005-...
1
Stéphane Linossier trouve trouvent cette discussion intéressante