Eric Bello
IT Process Manager, Eurofins
Rattaché au Service Qualité IT Groupe d'Eurofins, je participe à un projet international de consolidation de services Infrastructure, répartis en Europe.
Interviews et Audits internationaux, mise aux normes des Données de Référence, mise en place de processus de gestion infrastructure et de leur contrôle, et mise en place de systèmes de gestion d'actifs et de configuration (Service asset and configuration management).
Assistance à la DSI pour définition de la stratégie.
2002 - 2010En 2002, Eurofins était une start-up, bouillonnante et innovante, et expérimentait un nouveau système d'information métier "maison", client-serveur. Le but de ce SI métier était de servir la vision business : faire travailler ensemble les laboratoires, favoriser les synergies, et offrir à chaque client, où qu'il soit, la totalité du portefeuille d'analyses de tous les laboratoires. A l'époque, 3 laboratoires participaient à sa mise au point.
En 2010, plus de 100 laboratoires sont maintenant équipés. De l'esprit start-up reste l'enthousiasme, mais plutôt qu'innover, nous cherchons maintenant à stabiliser les niveaux de services, et à garantir les processus et les données. Cette stabilisation elle-même est un défi tout aussi passionnant que l'époque "start-up".
Pendant toute cette période, les bases de données ont accompagné et structuré le système d'information. Leur gestion et leur supervision, centralisée, a nécessité plusieurs moutures du "Toolkit", ensemble de scripts qui est devenu un véritable système de gestion, programmé entièrement en T-SQL. L'équipe "DbA" est passée de 1 personne à temps partiel, s'occupant de 3 serveurs, à maintenant 7 à temps plein, pour 150 serveurs qui s'échangent en permanence un volume de données toujours grandissant.
Le modèle de données a été pensé dès le départ avec des conventions strictes, orientées "réplication". Ceci a permis toutes sortes d'usages et de services : s'échanger des données d'abord, à coût (vraiment très) économique, mais également alimenter des miroirs de secours, sauvegarder les données hors-site, équilibrer la charge, et même assurer la traçabilité et l'audit des modifications, le tout avec des performances spectaculaires.
La migration du parc de SQL 2000 vers SQL 2008 a permis de revisiter l'architecture, et d'assurer une transition de service en douceur : sécurité d'accès, point de modification unique, inventaire exhaustif. Les bonnes idées sont maintenant orientées vers la simplification, les processus maîtrisés, l'observabilité des niveaux de service, et le contrôle des coûts. Dans cette démarche, ITIL nous est d'un grand secours, et permet d'établir avec nos collègues un langage commun.
1996 - 2002La meilleure expérience a été avec un équipementier médical. Pendant deux ans, j'ai participé, en régie, à la refonte de l'IHM d'un logiciel destiné aux radiologues, sous Unix/X/Motif. On a planqué l'ancienne IHM, sorte de boîte à outil d'ingénieur, incompréhensible aux radiologues, sous une nouvelle "peau" HTML, dont les pages contiennent des îlots s'interfaçant avec les anciens boutons. Facilement évolutive et peu coûteuse, cette technique permet notamment de confier le look&feel aux graphistes, de développer en incremémental et de faire donc plus de tests utilisateurs, et de concevoir des wizards ad-hoc en RAD pour les vendre séparément, lors de l'avant-vente ou bien en consulting.
En forfait, j'ai fait une petite collection de missions d'appui sur des projets qui buggaient, et commencé réellement en tant que chef de projet sur une étude "An 2000" : à 2 juniors, revoir 3 millions de lignes de code, un calvaire - sauf si on s'y prend bien : nous avons combiné des interviews développeurs, des robots de filtrage automatique, et une astuce fondée sur Make, permettant de faire un suivi exhaustif des flux de données dans les morceaux de code suspects. Vendue pratiquement à perte au départ pour récupérer un client, l'étude a fini bénéficiaire, et trois contrats ont été décrochés derrière.
Il y a eu moins bien : j'ai accepté ensuite un projet beaucoup plus gros, vendu pas cher. On s'est fait promener par la maîtrise d'ouvrage, et je m'y suis pris comme un manche. On a fini le projet en retard, il a coûté le double, plus une psychothérapie de trois mois, et ça m'a servi de leçon : réfléchir avant de dire "chiche" !
J'ai travaillé en avant-vente, en appui. C'est différent du Projet : on est plus dans la séduction et les idées, on travaille encore plus tard. Beaucoup de projets bien vendus, et d'autres perdus, mais enrichissants.
Pour finir, j'ai conduit la migration d'un système temps-réel de mesures sismiques, de Pascal et VAX/VMS vers un programme C sur des stations Linux Debian. Deux personnes, revue de code intensive, de la connectique et des moulinettes de traduction, et notre client a vu sa console VT32 portée sur un diagramme animé, sur fond de plan géographique. Nous avons ensuite ajouté des fonctionnalités de rejeu des alertes sismiques à l'écran, à vitesse réglable. Le détail sympa : reproduire le crépitement de l'imprimante du VAX sur les hauts-parleurs ; nous nous étions aperçus que les superviseurs écoutaient le système plus qu'ils ne le regardaient, et étaient alertés en priorité par le son de l'imprimante.
1991 - 1992Au CEA, j'ai assuré l'évolution d'un code de calcul qui fait une radio "virtuelle" d'un modèle d'objet, maillé par éléments finis. Nous avons appliqué une technique bien connue (ray tracing), comme dans les jeux vidéo. Le code permet de faire une photo d'un modèle numérique. On fait la même chose dans le monde réel, on compare les radios, et on sait si le modèle est conforme à la réalité. Le truc rigolo, c'est que le modèle déconnait : parfois les mailles étaient tellement déformée qu'elles se repliaient sur elles-mêmes, formant des figures géométriques inconnues dans le manuel, et il a fallu trouver un algorithme qui s'accomode de ces incohérences, et évite les cul-de-sac aux rayons.
