Numa BASILIO
Jeune chercheur en Sciences du Comportement (Psychologie Expérimentale)
En conduite automobile, les situations de dépassement présentent un contexte particulièrement dangereux (Clarke, 1998). Les accidents qui y sont rencontrés seraient aggravés par des facteurs perceptivo-moteurs (e.g. décisions inappropriées), psychologiques (e.g. propension à la prise de risque). Il existe donc un enjeu sociétal et scientifique à comprendre cette pluricausalité des accidents pour organiser un plan de prévention.
Mon projet de recherche vise à comprendre comment le conducteur perçoit ses limites d’action et celles de son véhicule (e.g. vitesse, accélération et décélération maximales, modèle dynamique du véhicule) de manière à garantir la sécurité des comportements de dépassement qu’il adopte. Notre problématique considère donc la perception des limites d’action comme l’essence des mécanismes de sélection et de régulation des comportements.
Notre démarche se veut pluridisciplinaire car nous postulons que la perception des limites d’action est influencée par des facteurs perceptivo-moteurs, psychologiques et contextuels. En effet, dans les tâches de conduite automobile, les limites d’action varient non seulement d’un véhicule à l’autre (e.g. en fonction de la puissance des véhicules) et d’un individu à l’autre (e.g. en fonction des traits de personnalité) mais varient également pour un même individu, et ce dans une échelle de temps courte (e.g. lorsque l’on emprunte la voiture de quelqu’un, lorsque nos états émotionnels changent).
Pour mener à bien cette démarche pluridisciplinaire sur le plan théorique, la Théorie des Affordances (Gibson, 1977) sert d’assise scientifique à notre projet. Cette théorie postule que la sélection des comportements résulterait de la perception des contraintes de l’environnement en référence aux limites d’action individuelles. Le choix de ce cadre conceptuel n’est pas anodin. En effet, d’un point de vue perceptivo-moteur, la théorie des affordances permet d’appréhender les différences individuelles de comportements comme la conséquence d’une perception de l’environnement pouvant varier d’un individu à l’autre en raison de limites d’action différentes (e.g. morphologiques : Warren, 1984; biomécaniques : Konczak et al., 1992 ; cinétiques : Fajen, 2005). Cependant, ce cadre conceptuel permet également de postuler que ces différences individuelles de comportement sont également issues de différences psychologiques (e.g. Traits : Pijpers et al., 2006) ou de l’effet du contexte (Hill, Barton, 2005) qui influencerait la perception de l’environnement et des limites d’action des conducteurs.
Ce cadre conceptuel assoit donc notre démarche dans le champ de la psychologie expérimentale et favorise la prise en compte de facteurs pluridisciplinaires.
6 contactsPorteur d'un projet de financement FSDIE Marseille, pour l'organisation d'un colloque scientifique, Ecole Doctorale des Sciences du Mouvement
2012 - 2012Organisateur d'une journée de rencontre scientifique franco-néerlandaise, Institut des Sciences du Mouvement (UMR 7287)
2011 - 2011Responsable des doctorants et post-doctorants de l'Institut des Sciences du Mouvement (UMR 7287), Institut des Sciences du Mouvement (UMR 7287)
2010 - 2012