Philippe Canonne
Traducteur, LNE
Bien qu'il soit évidemment indispensable pour un traducteur d'avoir un ou plusieurs domaine(s) de spécialité et qu'un traducteur sans éthique ne vaut guère mieux qu'un logiciel de traduction automatique, je suis néanmoins convaincu que certains dogmes doivent être remis en question et qu'il est grand temps de proposer un service répondant à ce qu'attendent les entreprises dans un contexte global et toujours plus urgent.
C'est pourquoi je suis convaincu qu'aujourd'hui :
- Un traducteur, au-delà de ses domaines de prédilection, se doit d'être efficace et de savoir s'adapter : quel que soit le domaine, quel que soit le texte, il faut pouvoir l'appréhender rapidement, en comprendre les enjeux et thématiques, les spécificités linguistiques et terminologiques, pour pouvoir offrir un travail de qualité.
- Un traducteur, dit-on, ne doit jamais traduire que vers sa langue maternelle. Ce n'est à mon sens pas une vérité absolue. Certes ce principe est évident pour la littérature ou le marketing, mais je crois sincèrement que lorsque les données objectives sont au cœur du texte, il faut avant tout savoir utiliser le mot juste pour rendre ces données.
- Un traducteur qui utilise systématiquement les outils de TAO n'est pas un traducteur efficace, c'est un traducteur flemmard, trop soucieux de rentabilité et qui, en s'en remettant aux mémoires de traduction, tente de réduire l'effort nécessaire pour appréhender un domaine qu'il ne connaît pas.
- Un traducteur qui calcule toujours les "exact match" "fuzzy match" etc. est un traducteur qui sacrifie une juste rémunération sur l'autel de la soit-disant "compétitivité".
Le traducteur moderne préserve son héritage de l'amour du mot juste, de la formulation adéquate. Mais un traducteur moderne est avant tout efficace et précis, parce que c'est ainsi que bon nombre de clients voient notre métier. Enfin, un traducteur est d'abord humain.
26 contacts