L'impact environnemental de l'industrie textile

jeudi 2 avril 2015
Made in China. Ces étiquettes, nous les voyons sur une majorité de nos vêtements. Si nous savons que la Chine domine les exportations de textile et que cette production se fait dans des conditions sociales dégradées, nous connaissons moins la pollution environnementale et sanitaire qu'entraîne cette industrie, ainsi que toutes celles qui lui sont liées.

Pour autant, il est loin d'être inutile d'essayer de diminuer son empreinte liée aux transports. Avant de proposer nos propres solutions, nous nous attarderons sur deux éléments vus comme des opportunités pour prolonger l'utilisation de la voiture individuelle.

L'impact de la fabrication des textiles sur l'environnement est considérable à différents niveaux. Tout d'abord, nos vêtements sont majoritairement constitués de coton, or c'est l'une des plantes les plus gourmandes en eau. En effet, 10 000 litres d'eau sont nécessaires pour 1 kilo de coton, soit la consommation moyenne en eau d'un français, en trois mois. Pour un t-shirt en coton, on en utilise environ 500g, soit 5 000 litres d'eau ; les chiffres atteignent vite des valeurs alarmantes puisque l'achat d'un t-shirt représente votre consommation d'eau en un mois et demi.

Les résultats sont affolants : l'Ouzbékistan a été le premier pays à exploiter le coton de manière intensive et les conséquences ont été désastreuses : en 40 ans, la mer d'Aral a perdu l'équivalent de la superficie de la Belgique en eau, celle-ci ayant été drainée pour irriguer les champs de coton. De même, dans la région du Xintang dans le sud de la Chine, des fleuves et des lacs entiers ont disparus, ou ont été réduits de moitié. Les réserves d'eau devenant de plus en plus rares, certains exploitants commencent à creuser des puits de 80 mètres de profondeur, afin de puiser l'eau dans la nappe phréatique. Ce phénomène, d'abord présent exclusivement dans ces pays, prend une ampleur considérable et des proportions mondiales; les États-Unis, le Brésil, l'Inde, l'Australie. Tous exploitent cette plante si gourmande en eau.

Le problème que posent les textiles dans le contexte de la mondialisation actuelle réside également dans la fabrication des jeans, notamment sur la teinture de ceux-ci (il est nécessaire de préciser que cette technique ne concerne pas tous les pays, mais surtout les pays en développement). Les bandes de coton sont chauffées dans de l'eau contenant divers produits chimiques puis passées à la centrifugeuse, pour finalement évacuer toute cette eau polluée dans les rivières alentours, leur donnant une couleur bleue-sombre. Conséquence évidente, tous les poissons ont disparu, et l'eau est devenue non potable.

En plus d'utiliser énormément d'eau, et de la polluer, cette technique rejette des agents volatils nocifs et pour l'environnement et pour la santé. Il faut ajouter également, que, les transports tous modes confondus étant à l'origine de 16% des émissions de gaz à effet de serre, et la Chine étant le principal pôle, une grande partie de ce chiffre vient de l'acheminement des produits fabriqués dans ce pays, notamment les textiles. En effet, entre les transports maritimes, routiers et aériens, l'importation est source d'une importante pollution.

En plus de l'impact sur l'environnement, la fabrication et le traitement des textiles posent d'importants problèmes sanitaires. Il faut d'abord savoir que la plupart des industries textiles emploient des ouvriers pour un salaire misérable, et leurs conditions de travail sont déplorables. En plus de ne gagner que 2 ou 3 euros par journée de 12 heures en moyenne, ils sont exposés aux produits chimiques utilisés notamment dans la teinture des jeans. En effet, une étude des eaux aux abords des usines, au Xintang, a été menée par Greenpeace, en 2010. Les échantillons d'eau prélevés ont été analysés, et des taux de produits chimiques bien plus élevés que la limite maximale ont été établis. On y trouve par exemple du Manganese, qui peut produire des effets irréversibles sur le cerveau, ainsi que l'Alkyl phénol, qui réduit la fertilité.

L'organisation a également prouvé la présence de cinq métaux lourds; cadmium, chrome, mercure, plomb et cuivre. Alors que le gouvernements chinois promettait une dé-pollution des eaux et une tolérance "zéro" pour les pollueurs, aujourd'hui encore, le problème persiste, et les militants déplorent le manque d'information. D'autres techniques sont dangereuses pour la santé. Parmi elles, le sablage, qui permet de lui donner un aspect «vintage» pose particulièrement problème, car il expose les travailleurs à la silice cristalline alvéolaire : libérée lors de la pulvérisation du sable, elle provoque la silicose chez ceux qui l'inhalent. A un stade avancé, cette maladie pulmonaire incurable devient invalidante, voire mortelle. Pour prendre un exemple parlant, 47 ouvriers de Turquie sont décédés après 6 mois d'exposition. Ainsi, dans ce pays, 5 000 ouvriers sur les 10 000 sableurs estimés sont potentiellement concernés.

Des milliers de paysans indiens suicidés chaque année : c'est le résultat d'une course effrénée au rendement, et d'un mirage, celui du coton transgénique, présenté comme solution miracle à tous leurs problèmes par les firmes agrochimiques, comme Monsanto, ou encore Bayer. Mais le rêve s'est rapidement transformé en cauchemar pour les producteurs de coton : alors que les démarcheurs leur promettaient des rendements 3 fois supérieurs à leur production actuelle, la disparition des maladies et ce sans pesticides, la réalité en fut tout autre.

Quelques saisons après la plantation des semences OGM, de nouvelles maladies inconnues sont apparues, nécessitant au final l'utilisation de pesticides, et il s'est avéré que les rendements étaient bien plus faibles qu'auparavant : en effet, le coton transgénique est bien moins résistant et épuise les sols. Pour ne pas arranger la situation, les semences étant stériles, elles doivent être rachetées chaque année. Or, celles-ci sont 3 fois plus chères que celles habituelles: un sac de semences OGM coûte 1600 roupies en Inde au lieu de 300/400 pour des semences traditionnelles, augmentation qui entraîne l'endettement des producteurs, jusqu'à parfois, leur suicide. Pour en savoir plus sur les OGM.

Les solutions à l'échelle globale:

Des processus de fabrication respectueux de l'environnement et de la dignité des travailleurs existent, il est nécessaire qu'ils se développent plus : d'autres plantes peuvent être privilégiées, comme les orties, et il est évidemment possible d'utiliser des cultures de coton bio et étiques, comme le font certaines marques. De même, il est nécessaire de bannir les procédés polluants comme le sablage.

Les solutions à l'échelle individuelle:

Privilégier les matières et les articles produits en Europe, voire en France, et boycotter les vêtements provenant de Chine. Penser aux textiles bio et éthiques, de nombreuses marques fonctionnant sur ce principe : Edun, Patagonia, Seyes, Veja, Olow... Il est également facile d'en trouver sur internet : EcoLoco, Conscience, etc...

Récupérer, donner, échanger des vêtements, dans des friperies et des marchés par exemple.

Éviter de surconsommer, nous possédons la plupart du temps plus de vêtements que nécessaire !

Privilégier les lessives moins polluantes et limiter les quantités utilisées.
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Andréa Gadal , Association Conscience Et Impact Écologique trouve trouvent cette discussion intéressante